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La boucle de Thakhek

450 kilomètres de liberté

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Thakhek est sans aucun doute notre plus belle expérience au Laos, pour ses paysages d’une part, aussi riches que variés, mais aussi pour les rencontres qu’on y a faites. Pour y parvenir, on empruntera notre premier bus de nuit, un véritable car couchette à la décoration bien kitch ! C’était plutôt confortable en réalité, et si on ne nous avait pas réveillés pour descendre, on serait sûrement arrivés au terminus.

Night bus laos

Dans le bus de nuit vers Thakhek

Dans les rues, des rencontres inattendues

On marche dans les rues de Thakhek. La ville n’est pas particulièrement jolie, mais se promener le long du Mékong est toujours agréable. Il faut dire que Thakhek est principalement une ville étape pour les grimpeurs qui ont un super spot à proximité et pour les voyageurs qui partent trois ou quatre jours explorer les alentours en scooter. Les « farangs » (mot utilisé par les laotiens pour parler des « étrangers ») dans les rues se font plus rares ici.

Sur les bords du Mékong

Sur les bords du Mékong

Alors que l’on est sur le chemin du retour vers notre guesthouse, notre après-midi, assez tranquille jusqu’à présent, va subitement prendre un autre tournant. Sur le trottoir d’en face, des femmes nous interpellent et nous invitent à venir se joindre à elles pour partager une bière. On ne refuse évidemment pas, d’une part parce que Bastien adore la bière (moi je m’y habitue petit à petit) et d’autre part parce qu’on adore passer des moments avec les locaux. C’est dans ces moments que l’on se sent vraiment ailleurs, en partageant un moment de vie avec ceux qui sont et font la vie ici.

Les verres s’enchaînent un peu trop vite. A peine un verre se termine, qu’une de nos hôtes s’empresse de nous resservir pour à nouveau trinquer. Elles ne parlent qu’un tout petit peu anglais alors on trinque toutes les deux minutes, on fait des selfies (on est un peu l’attraction du jour), on échange des mots simples, sur leurs enfants, leurs métiers, sur comment on dit « à la tienne », on écoute leurs chansons préférées… Et puis après je ne sais plus combien de verres, il est temps pour nous de leur dire au revoir si l’on ne veut pas finir complètement bourrés à cinq heures de l’après midi.

Dans la cour d'un temple bouddhiste

Dans la cour d’un temple bouddhiste

On prend des chemins de traverse, on est les seuls occidentaux dans les rues, les gamins nous lancent des « hello » avec de grands sourires. Au détour d’un temple, on échange quelques mots avec un moine bouddhiste adossé à un arbre en train de lire un bouquin. On se balade, plus joyeux que la normale. C’est alors que deux hommes nous interpellent à nouveau pour boire un coup. Un apéro ça ne se refuse pas, jamais. Et on se retrouve là, à prendre deux ou trois shots de Lao Lao, le whisky local, avec ces deux hommes d’une quarantaine d’années. C’est pas bon, ça pique, mais on passe un bon moment. Le fils de l’un d’eux arrive avec sa fille. Je les prends en photo pour immortaliser l’instant. Avec ou sans appareil, la générosité de ces gens restera à jamais ancrée dans ma mémoire.

Lao people

Nos hôtes pour l’apéro !

Lao people

Il est 19h, on n’est plus vraiment sobres mais y’a pas grand chose à faire ici pour continuer à s’enjailler, alors on va dormir histoire d’être en forme pour les quatre jours de roadtrip qui nous attendent. Mais malheureusement la nuit sera courte. A quelques centaines de mètres de notre guesthouse, un pick-up à la ‘pimp my ride’ et ses kilos d’enceintes installés à l’arrière, crachera sa musique (affreuse) presque toute la nuit, à en faire trembler les vitres de notre chambre. Y’a pas à dire, les laotiens ont le sens de la fête !

Sur les routes de Khammouane

On décolle, sur le dos de notre Honda, notre compagnon de route pour les prochains 450 kilomètres. On s’arrête dans une grotte d’abord, assez jolie, mais il faut escalader et je ne suis pas très douée pour l’escalade, même à petit niveau, bref, je passe pas un moment serein. On croise dans cette grotte Jess et Leo, puis Alexis et Remi qu’on retrouvera à chaque étape de la boucle et avec qui ont passera de supers moments.

Scooter laos

Thakhek loop

Des statues de Bouddhas sculptées dans la montagne

Sur la route défilent des petits villages, des monts karstiques qui donnent au paysage tout son charme, puis une immense étendue d’eaux ayant noyé des arbres par milliers. On ne voit plus que les branches blanchies des arbres mourants. C’est un étrange spectacle, d’une triste beauté. Des villages ont certainement dû êtres engloutis sous les eaux et des populations déplacées pour construire le barrage de Nam Theun 2 qui a formé ce lac. Mais, au coucher du soleil, on reste hypnotisés par cette étendue d’eau gigantesque, et le calme qui règne ici. Le soir venu, on s’arrête à Thalang dans l’une des guesthouses les plus conviviales qu’on ait pu faire. Feu de camp, barbecue, bières et jeu de cartes dans une atmosphère très sympa, avec nos camarades de routes. On se couche comme les poules. Il fait nuit depuis 18h et à 22h on a l’impression qu’il est 1h du mat’. La route ça crève…

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Les arbres noyés près de Thalang

Coucher de soleil sur le lac du barrage Nam Theun 2

Coucher de soleil sur le lac du barrage Nam Theun 2

Le lendemain on ira se baigner dans un petit lagon bleu bien rafraîchissant. Et on profitera surtout de la route et de ce qu’elle nous offre. Chemins de campagnes et grandes étendues désertes. Une immense ligne droite nous mènera jusqu’au petit village de Kong Lor. Le soleil couchant sur la plaine entourée de montagnes donnera des airs d’ouest américain à la campagne laotienne. Bastien passera maître en l’art d’esquiver les nids de poules géants. On tombera sur une horde d’écoliers en vélo, des dizaines de gamins occupant toute la route, avec qui on échangera des sourires et des rires.

Les grands espaces !

Les grands espaces !

On arrivera à destination par un chemin de plus en plus chaotique. On se mêlera aux gamins du village pour jouer au foot. Ils se moqueront des cheveux blancs de Bastien, nous feront essayer chacun notre tour leur vélo et nous dévoileront des tours de magie avec des cailloux. On finira la journée par un apéro dans le seul bar du hameau avec Angèle, Damien et Armand, d’autres français rencontrés la veille. Le lendemain on fera enfin la découverte de la grotte de Kong Lor en barque. Naviguer dans l’obscurité, au cœur de la roche, sur les eaux de cette rivière souterraine, une expérience inoubliable.

Thakhek loop

Sur la dernière étape de la boucle, on retombera sur la nationale et la route se fera alors plus monotone. On s’arrêtera en fin d’après midi dans une guesthouse paumée au milieu de nulle part où l’on retrouvera nos camarades de la veille un peu comme par miracle, ce qui nous évitera de passer une soirée bien ennuyeuse. On filera vers Thakhek le lendemain, en faisant quand même un détour de 40 km, où l’on mangera la poussière au sens propre du terme, pour finalement voir un lagon bleu plus que décevant ; malgré tout, on aura aimé la route, sa poussière, ses bosses, s’enfoncer dans la campagne laotienne et en ressortir plus sales que jamais.

Thakhek loop

De retour à Thakhek, on prendra le bus tous ensemble pour aller à Paksé, faire une rapide escale sur le plateau des Bolovens. Et c’est une aventure en soi le bus local laotien, je te promets, mais je te raconte ça dans le prochain article !


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