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Souvenirs d’Aotearoa

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Cette nuit j’ai rêvé d’Auckland. Je me promenais dans ses rues. Je recroisais les visages de ceux qui avaient partagé mon aventure là-bas, la première fois, en 2011.

Un voyage ça se vit avant, dans l’excitation de l’approche du départ, de l’inconnu, des nouvelles découvertes et de toutes les promesses qui vont avec.

Un voyage ça se vit pendant, cette sensation de vivre milles vies en si peu de temps… Tous ces visages, ces paysages, nouvelles saveurs et sensations, qui remplissent tout ton être.

Et puis un voyage ça se vit après, de par les traces qu’il laisse dans ta mémoire…

Cette nuit j’ai rêvé d’Auckland. Et ce matin, au réveil, je me suis souvenue que j’avais griffonné quelques mots sur un bout de carnet, après ces trois mois passés sur les terres maories. Quelques mots que je n’avais pas pris le temps de partager encore. Voici donc un bout de souvenir du bout du monde…

Aotearoa,

C’est la deuxième fois que je te quitte, non sans une pointe de tristesse. Cette deuxième aventure chez toi fut plus difficile pour moi, plus nuancée. J’ai même eu hâte de te quitter. Et puis, hier, quand Chantal, une française expatriée, nous a emmenés en virée dans ton bush et sur tes plages dont seul toi connait le secret, je me suis souvenue pourquoi je t’aimais tant. Je suis tombée amoureuse de tes espaces sauvages qui chuchotent la liberté.

Tu m’as bien secouée en cette année 2017. J’ai eu le mal du pays sur tes terres. Le manque de ceux que j’aime m’a explosé en pleine figure, après ces 6 mois passés sur les routes d’Asie.

Il faut dire qu’on a eu froid chez toi en cette période hivernale. On s’est senti “légèrement” plus pauvres qu’en Asie. On en a un peu chier à bosser dans les kiwis la nuit. On n’a pas du tout kiffé ta gastronomie. Et après l’Asie, je crois que je n’ai pas su t’apprécier autant que j’aurais dû. Alors on a décidé de partir plus tôt que prévu…

Mais en cette dernière journée à Auckland, je me repasse le film de cette deuxième aventure kiwi. Et j’ai aimé. Oui j’ai aimé. J’ai aimé faire des clôtures dans ta campagne froissée, et pique-niquer dans ton herbe plus verte que verte. J’ai aimé partager un bout de vie avec Jim et sa famille. Et devenir gardienne d’une maison avec vue imprenable sur la mer à Stanmore Bay. Enchanter mes réveils en van grâce à tes paysages et ta lumière indescriptibles. Me baigner dans un trou dans le sable sur la Hot Water Beach, et puis courir vers la mer glacée en cette belle journée d’hiver. J’ai aimé regardé ton ciel étoilé au milieu de nulle-part. Me balader sur tes plages au petit matin et capter chaque rayon de soleil. Rouler sur tes routes calmes, tordues et vallonnées. J’ai aimé être surprise, encore et toujours, par tes paysages fascinants. Et me sentir au bout du monde. J’ai aimé revoir Ray, mon prof d’anglais de la première aventure. Et cette jolie rencontre avec Asma. Ce bout de roadtrip inspirant à ses côtés. 

Finalement la magie a opéré tu vois, mais mon état d’esprit, lui, était différent de la première fois.

Et on ne dit jamais deux sans trois.

Alors à bientôt joli pays du long nuage blanc…

 

“I want to travel to be away from home so that I can return, loving it as much as it deserves to be loved” – Yesterday I was the moon de Noor Unnahar