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On rentre à la maison

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« Tout homme est tiraillé entre deux besoins, le besoin de la Pirogue, c’est-à-dire du voyage, de l’arrachement à soi-même, et le besoin de l’Arbre, c’est-à-dire de l’enracinement, de l’identité, et les hommes errent constamment entre ces deux besoins en cédant tantôt à l’un, tantôt à l’autre ;
Jusqu’au jour où ils comprennent que c’est avec l’Arbre qu’on fabrique la Pirogue. »

Mythe mélanésien de l’île de Vanuatu

 

10 octobre 2017. Je me réveille chez moi, dans ce lit resté vide pendant 324 jours. Il est 6 heures et quelques minutes. Le soleil ne se lèvera pas avant 8 heures. Je l’attendrai impatiemment. Ce matin là, une envie furieuse d’écrire et sortir de ma tête toutes ces pensées qui tournent en rond. Ecrire pour me prouver, en posant des mots sur papier, que tout ce qu’on a vécu ces derniers mois a bien existé.

Retour de voyage. Sensation étrange de sortir d’un rêve. C’est passé en un éclair. Retrouver ce qu’on avait avant de partir exactement, ou presque, comme on l’a laissé est quelque peu déstabilisant. J’ai l’impression d’être partie un jour, peut-être deux ou trois, comme si rien de ce que j’ai vécu là-bas n’avait vraiment existé. Une bulle, une parenthèse. Je suis heureuse de retrouver ceux que j’aime, mon pays, ma maison, mais je ressens aussi de l’angoisse face à des habitudes et une routine prêtes à bondir. Revenir après ça, c’est retrouver sa place et se rendre compte qu’elle est peut être devenue trop étroite. Car le voyage ouvre des portes, agrandit l’esprit, donne le goût de la liberté. Quelque chose en moi a changé. Ça ne se devine peut-être pas, ça ne se voit pas, mais à l’intérieur, je le sens. Une étincelle. L’envie, plus que jamais, de donner du sens à la suite de mon aventure.

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« Alors c’était comment ? ». Je n’arrive même pas à sortir plus de trois mots en réponse à cette question quand on me la pose. Il y a tellement de choses à raconter, tellement de sentiments à décrire, tellement de souvenirs à ne pas oublier. C’est dingue tout ce qu’on peut vivre en à peine une année. Je repense à tous ces couchers de soleil que j’ai admirés ces dix derniers mois dans des endroits souvent magnifiques. Je repense à ces gens dont j’ai croisé la route quelques instants ou quelques jours et qui ont donné à ce voyage tout son sens. Je repense à cette liberté de n’avoir que l’essentiel, quelques vêtements, des bonnes chaussures et un appareil photo. Je sais maintenant que le bonheur est là, partout, dans le simple, dans l’inattendu, dans l’essentiel. J’ai vu. J’ai appris. J’ai ressenti. J’ai eu des doutes parfois. Je me suis pris mes peurs et mes faiblesses en pleine figure. J’ai eu le mal du pays. J’ai eu envie de rentrer plusieurs fois. Et puis, il y a tout ces moments qui, presque inexplicablement, me donneront certainement envie de repartir. Celui où, à l’arrière d’un scooter, derrière un inconnu, sur une route sinueuse, sous la pluie battante, en chemin vers le volcan Bromo, la sensation de liberté a surpassé la peur. Le voyage, dans ce qu’il a de meilleur à offrir, m’a rappelé pourquoi j’étais là. Et il y a eu ce moment suspendu sur une immense plage déserte à Lombok, ces 50 kilomètres à pieds dans la campagne birmane, cette rencontre inattendue au milieu des rizières en Thaïlande, ce bain dans des cascades d’une incroyable beauté au Laos, la vie sur la route en Nouvelle-Zélande, les virées en scooter sur des chemins du bout du monde, et les innombrables sourires échangés avec des femmes, des hommes, des enfants dont je ne connaissais pas la langue.

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La vie occidentale va me rattraper comme elle rattrape tous les voyageurs. Mais je garderai en mémoire ces moments, ceux qui m’ont appris à me déconnecter, à lâcher prise, à relativiser, à affronter la peur, et à me sentir présente, bien vivante et complète. Apprécier le bonheur simple d’avoir une douche chaude, un lit confortable, et un bon repas. D’être, le cul posé sur un deux roues, libres d’explorer des routes inconnues. De regarder le soleil se coucher, ou les flammes d’un feu de camp danser dans la nuit.

Si il y a bien une chose que je retiendrai de cette parenthèse, c’est qu’il faut suivre ses rêves. Il parait que ça semble impossible jusqu’à ce qu’on le fasse. Il parait aussi qu’il faut surmonter ses peurs, qu’il faut prendre des risques. Il paraît que tout ira bien.

Cher Voyage, merci pour tout ce que tu m’as fait vivre.

A bientôt.

“Et si c’était ça le bonheur, pas même un rêve, pas même une promesse, juste l’instant ?”
D. de Vigan – No et moi

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Notre itinéraire en Asie du Sud-Est

Voici comment s’est déroulé notre voyage :

Nord Thaïlande (1 mois) → Laos (1 mois) → Cambodge (3 semaines) → Vietnam (1 mois) → Sud Thaïlande (3 semaines) → Singapour (4 jours) → Indonésie (Bali – Lombok – Java) (1 mois) → Nouvelle Zélande (3 mois) → Malaisie (6 jours) → Indonésie (Bali – Lombok) (3 semaines) → Birmanie (3 semaines) → Japon (Kyoto et Tokyo) (10 jours)

Notre roadtrip au pays du long nuage blanc